
LA GARDIENNE
Laisse moi te raconter mon histoire…
Je suis Pascaline
Une femme sensible, atypique.
Pendant des années, j’ai avancé comme si un voile invisible me séparait du monde : j’étais là, mais ailleurs. Je percevais tout, je ressentais tout, je comprenais tout… sauf moi. Je ne savais pas pourquoi je me sentais différente, pourquoi je ne trouvais pas ma place, pourquoi je donnais autant, pourquoi je m’oubliais si facilement.
Il m’a fallu presque quarante-cinq ans pour mettre des mots sur ce fonctionnement singulier. Pour comprendre que ma sensibilité n’était pas un débordement, mais un axe. Que mon atypie n’était pas un obstacle, mais une porte. Que mon décalage n’était pas un problème, mais un appel.
Pour découvrir tout cela, j’ai dû descendre en moi.
J’ai traversé plusieurs mues.
Au fil du temps, j’ai compris que ces passages de vie, ces moments où les repères vacillent et où quelque chose cherche à se transformer, n’étaient pas des échecs à surmonter mais des seuils à traverser. Des territoires fragiles où l’ancien ne suffit plus. Des espaces suspendus où quelque chose s’achève tandis qu’autre chose cherche à naître.
J’ai revisité toute ma vie à la lumière de cette vérité. J’ai vu les années de suradaptation, les efforts silencieux, les masques, les ajustements, les épuisements.
J’ai compris pourquoi je m’étais tant éloignée de moi.

Et j’ai commencé à revenir.
Revenir dans mon corps.
Revenir dans mon rythme.
Revenir dans mon axe.
Revenir dans ma vérité.

Ce retour à moi ne s’est pas fait en ligne droite.
Il s’est fait en spirale, comme une danse entre l’ombre et la lumière, entre le haut et le bas, entre l’ancien et le nouveau.
Chaque cycle m’a ramenée un peu plus près de mon axe, un peu plus près de ma vérité, un peu plus près de la femme que je devenais.
J’ai appris à naviguer entre les mondes : entre mes visions et le monde matériel, entre mon intuition et la réalité concrète, entre ma profondeur et le quotidien.
Et c’est dans ces lieux de transition que j’ai choisi de me tenir.
Non pour montrer un chemin.
Non pour apporter des réponses toutes faites.
Mais pour offrir une présence, une écoute et un espace suffisamment sûr pour que chacune puisse ralentir, entendre sa propre voix et retrouver son propre rythme.
Ainsi est née la Gardienne.

Aujourd’hui, je marche aux côtés des femmes sensibles et atypiques
qui arrivent à la fin d’un cycle.
Celles qui ont trop donné, trop porté, trop encaissé.
Celles qui sentent confusément qu’un chapitre de leur vie s’achève et qu’un autre demande à naître.
Je tiens l’espace.
Je garde le seuil.
Je veille pendant qu’elles descendent.
Comme une sage-femme du passage, j’accompagne la traversée.
Et si toi aussi tu arrives à un seuil, alors sois la bienvenue dans mon territoire.